SANTÉ PUBLIQUE : LE LITTORAL EN ORDRE DE BATAILLE CONTRE LA RECRUDESCENCE DE LA ROUGEOLE ET DE LA RUBÉOLE.

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Face à une poussée épidémique sans précédent qui affecte désormais 116 districts de santé sur l’ensemble du territoire national, la Région du Littoral muscle sa riposte. Ce vendredi 9 octobre 2026, le Délégué Régional de la Santé Publique pour le Littoral, le Dr Charles Yopndoi, a présidé un briefing médiatique majeur. L’enjeu : sceller un pacte de communication avec les professionnels de l’information pour garantir le succès de la campagne nationale de suivi contre la rougeole et la rubéole, prévue du 14 au 18 octobre prochains. Entre impératifs de couverture vaccinale et lutte contre l’infodémie, la santé publique joue une partition décisive.

L’urgence épidémiologique : un seuil de vulnérabilité critique

Le constat dressé par les autorités sanitaires est sans appel : le Cameroun traverse une zone de turbulences épidémiologiques sérieuses. Si le pays applique depuis 2001 les directives de l’OMS et de l’UNICEF pour réduire la mortalité rougeoleuse, les cinq dernières années révèlent une érosion préoccupante de l’immunité collective. Les données épidémiologiques de surveillance hebdomadaire traduisent une escalade vertigineuse : de 23 districts de santé en flambée épidémique en 2021, le pays est passé à 67 en 2022, 72 en 2023, avant un répit à 28 en 2024, suivi d’un rebond à 83 en 2025 pour atteindre le seuil critique de 116 districts touchés à la 33e semaine épidémiologique de l’année 2026.

Cette résurgence s’explique par des taux de couverture vaccinale systématiquement inférieurs au seuil de sécurité de 95 % (pour les doses RR1 et RR2), provoquant une accumulation d’enfants n’ayant pas développé d’anticorps. Dès lors, cette 8ème campagne nationale de suivi s’avère indispensable pour combler l’important déficit immunitaire cumulé depuis la dernière opération de juillet 2023.

Une ingénierie logistique à 360 degrés

Pour la région du Littoral, les objectifs sont ambitieux et le déploiement opérationnel, millimétré. La cible primaire consiste à immuniser au moins 95 % des 660 110 enfants âgés de 09 à 59 mois au sein de ses 24 districts de santé. À cet effet, un stock stratégique de 714 010 doses de vaccins a été prépositionné dans la région.

L’originalité de cette campagne réside dans la diversification de ses interventions et de ses stratégies de pénétration territoriale :

  • Interventions cumulées : Outre le vaccin combiné Rougeole-Rubéole (RR), la campagne intègre le rattrapage de routine pour les enfants de 0 à 59 mois (« zéro dose ») et la vaccination des filles et garçons de 9 ans contre les infections à HPV.
  • Mobilité accrue : Outre les stratégies fixes traditionnelles dans les hôpitaux, des postes temporaires seront établis dans les marchés, écoles et édifices religieux. Des équipes mobiles et spéciales cibleront les communautés les plus enclavées (zones insulaires ou montagneuses), les camps de réfugiés, les populations nomades et les ouvriers miniers.

Le défi de l’adhésion : les médias comme remparts contre l’infodémie

Au-delà de l’acte clinique, la bataille contre la maladie se joue sur le terrain de l’opinion. Le Dr Charles Yopndoi, entouré des cadres du Programme Élargi de Vaccination (PEV) et de la représentante de la Délégation Régionale de la Communication, a insisté sur l’impératif d’étouffer les fausses rumeurs qui alimentent l’hésitation vaccinale. Les cas de refus doivent impérativement être contenus sous la barre des 5 %.

Le protocole d’accord informel signé avec les journalistes ce 9 octobre les invite à une veille constante :

  • Pédagogie active : Expliquer le profil de sécurité des vaccins et rassurer sur la nature bénigne et transitoire des effets secondaires (fièvre, douleur locale) ;
  • Vigilance informative : Ne pas relayer des titres sensationnels ou anxiogènes basés sur des rumeurs, mais systématiquement vérifier les faits auprès des experts du PEV ;
  • Diffusion ciblée : Utiliser les réseaux sociaux et les ondes locales pour relayer quotidiennement les sites de vaccination et sensibiliser les 2 711 203 personnes de 15 ans et plus constituant le réservoir de relais d’opinion auprès des familles.

Vers une union sacrée pour l’enfance

L’enjeu de cette campagne de suivi ne réside pas seulement dans l’atteinte d’objectifs statistiques, mais bien dans la sanctuarisation de la santé de l’enfance. En s’engageant à mobiliser 100 % des médias régionaux pour informer au moins 95 % des parents d’ici le 14 octobre, les autorités du Littoral espèrent bâtir un rempart immunitaire infranchissable pour les virus. Le ton est donné, l’action coordonnée s’apprête à débuter.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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