En ce début d’année 2026, le coordonnateur du mouvement Génération 82, Rodrigue Tchabet, a pris l’initiative d’adresser une lettre ouverte à Son Excellence Monsieur Paul Biya, Président de la République du Cameroun. Ce document, intitulé « Cris de désespoir », révèle les préoccupations d’une jeunesse en quête de reconnaissance et d’un véritable rôle dans la dynamique politique du pays. En cette période où la fête de la Jeunesse approche, la lettre s’inscrit dans un contexte poignant où les jeunes, loin d’être de simples spectateurs, désirent ardemment devenir des acteurs engagés de la société camerounaise.
Monsieur le Président, vous entamez un nouveau septennat, un moment crucial qui pourrait être le tournant tant attendu pour la jeunesse camerounaise. En plaçant les jeunes et les femmes au cœur de vos priorités, vous avez suscité un espoir que beaucoup souhaitent voir se réaliser. Toutefois, les mots doivent être suivis d’actions concrètes. La situation actuelle ne saurait être ignorée, car elle appelle à une prise de conscience collective.


La Génération 82, à travers le mouvement que dirige Rodrigue Tchabet, constitue un collectif de jeunes Camerounais nés après le 6 novembre 1982. Ces jeunes, tout en restant hors des appartenances politiques, affirment leur volonté de ne plus rester à l’écart des décisions qui influencent leur avenir. Ils aspirent à intervenir dans la vie sociopolitique du pays et à apporter leurs contributions dans la gestion de l’État. À l’heure où la démocratie camerounaise doit s’enrichir de leurs voix et de leurs visions, il est temps d’ouvrir les portes des institutions à cette jeunesse prometteuse.
Il est préoccupant de constater qu’après 44 années de gestion publique par votre administration, la majorité des jeunes est encore mise de côté. Les mêmes individus, qui ont autrefois occupé des postes stratégiques, demeurent en fonction, peu importe leur âge souvent avancé. Pendant ce temps, des milliers de jeunes, détenant des diplômes universitaires, se retrouvent pour beaucoup au chômage ou dans des emplois précaires. Cette réalité est d’autant plus amère lorsque l’on considère que les jeunes représentent plus de 60 % de la population.


Monsieur le Président, comment justifier que dans un pays où la majorité de sa population est jeune, les postes décisionnels soient toujours attribués à des personnes âgées ? Le cri de désespoir de la Génération 82 doit être considéré avec la plus grande attention, car il s’agit d’un appel à la réflexion. Les jeunes se demandent pourquoi ils sont régulièrement présentés comme le fer de lance de la nation, sans jamais avoir la possibilité de faire entendre leur voix dans les instances dirigeantes. Leurs aspirations méritent respect et prise en compte.
Cette lettre ouverte émane d’une volonté de dialogue et d’action. Elle interpelle non seulement les autorités politiques, mais également la société civile dans son ensemble. La jeunesse camerounaise est prête à s’engager, à participer activement à la construction de son avenir. Elle désire voir émerger des leaders issus de ses rangs, capables de traduire leurs attentes en actions concrètes.


À l’avenir, le véritable défi du Cameroun résidera dans sa capacité à inclure cette jeunesse dynamique dans le processus décisionnel. Si le gouvernement souhaite réellement instaurer un climat de confiance et de prospérité, il est impératif d’accorder aux jeunes la place qui leur revient. Ils doivent être considérés comme des partenaires à part entière, non comme de simples figurants dans l’arène politique.
La génération 82 souhaite être reconnue non seulement pour son potentiel, mais aussi pour ses compétences et ses idées novatrices. Le changement est possible, mais il nécessite une volonté politique sincère et une écoute attentive des réalités vécues par les jeunes. Il est grand temps que les promesses se concrétisent et que les discours se transforment en actions utiles.

Le cri de désespoir que lance Rodrigue Tchabet, au nom de la Génération 82, est une invitation à redéfinir le futur du Cameroun. Ce futur doit être façonné par une collaboration élargie, où chaque voix compte, et où les jeunes sont réellement considérés comme acteurs du changement. Le moment est venu de tourner la page et de bâtir ensemble un Cameroun plus inclusif, où chaque génération a sa place et son mot à dire.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

