En tournée de contrôle dans la capitale économique, le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique, le Pr Fuh Calistus Gentry, a orchestré une opération de mise en conformité de grande envergure. Entre diplomatie industrielle auprès des champions nationaux et fermeté répressive contre l’informel, Yaoundé entend transformer la croissance quantitative en un développement qualitatif et régulé, pilier de la stratégie SND30.
Le gouvernement camerounais, par l’entremise déterminée du Professeur Fuh Calistus Gentry, Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT), vient d’engager ce 24 juin 2026 à Douala une offensive régulatrice d’une ampleur inédite. Cette campagne, ciblant les activités industrielles opérant en marge de la légalité, vise à sanctuariser la protection du consommateur, à consolider les agrégats budgétaires de l’État et à catalyser la mue structurelle du tissu industriel national.
Dans un contexte économique mondialisé où la rigueur normative s’impose comme un gage de crédibilité et de souveraineté, le Cameroun a résolument opté pour une posture intransigeante face aux unités de production industrielles évoluant en dehors du cadre réglementaire. Le périple de trois jours effectué par le Pr Fuh Calistus Gentry dans la capitale économique marque le prélude à une vaste opération de redressement du maillage industriel national. Au-delà des visites d’installations et des audits de conformité, se dessine une stratégie économique ambitieuse : épurer le secteur productif, garantir l’intégrité des produits pour les consommateurs, dilater l’assiette fiscale et exalter la compétitivité intrinsèque du label « Made in Cameroon ». Cette démarche s’inscrit en droite ligne avec les objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), qui érige l’industrialisation en pilier fondamental de la croissance, imposant désormais le respect scrupuleux des standards nationaux et internationaux à tous les opérateurs, sans distinction.

Le premier jalon : Dialogue stratégique avec les piliers industriels
L’expédition ministérielle, entamée le 24 juin à Douala, a débuté par des échanges protocolaires, mais substantiels, avec deux géants de l’industrie lourde : YOUSHENG CEMENT, implantée stratégiquement dans la zone industrialo-portuaire de Dibamba, et METAFRIQUE STEEL S.A., située au cœur de la zone industrielle de Logbaba. Loin de se limiter à de simples visites de courtoisie, ces rencontres ont permis d’explorer plusieurs axes structurants de la politique industrielle camerounaise. Parmi ceux-ci figuraient le renforcement de la sécurité des installations industrielles, l’élaboration d’une cartographie nationale exhaustive des industries, l’amélioration de l’indice d’industrialisation du pays, la transformation locale des matières premières ainsi que le développement de chaînes de valeur à haute valeur ajoutée.
Le Ministre a, de surcroît, formulé une recommandation prégnante : à l’horizon des trois prochaines années, la production de billettes d’acier devra progressivement abandonner la valorisation des déchets ferreux pour s’approvisionner ex nihilo en concentrés de fer, directement issus des futurs projets miniers nationaux. Une orientation qui consacre la volonté gouvernementale d’opérer une fusion synergique entre l’amont minier et l’aval manufacturier, pour une intégration verticale accrue de la chaîne de production.

L’offensive coercitive : Quand la répression forge la conformité
C’est toutefois au deuxième jour de ce périple ministériel que le ton s’est considérablement durci, marquant un virage vers l’action coercitive. Accompagné du corps préfectoral et des instances de contrôle de l’État — incluant le Gouverneur de la région du Littoral et l’Inspecteur général du MINMIDT —, le Pr Fuh Calistus Gentry a conduit une inspection de terrain sans concession.
L’objectif était de confronter les déclarations théoriques à la réalité des sites de production. Le constat clinique dressé par les équipes techniques révèle une porosité alarmante du cadre réglementaire : de nombreuses unités de production opèrent dans l’ombre de la légalité, s’affranchissant des autorisations ministérielles, des immatriculations d’usage et, plus grave encore, des protocoles techniques, environnementaux et sanitaires.

La réponse de l’exécutif s’est voulue immédiate et exemplaire. Sur une dizaine d’établissements contrôlés, sept ont été frappés par une mesure de fermeture administrative et placés sous scellés pour exploitation illicite et non-respect des exigences normatives. Cette politique de la « main de fer » ne vise pas à asphyxier le tissu productif, mais à éliminer les acteurs qui en faussent la concurrence par l’évitement des charges réglementaires. En adressant des mises en demeure de régularisation aux autres promoteurs, le ministère envoie un message limpide : la transition vers une économie émergente ne pourra se faire sans une discipline industrielle rigoureuse. Pour le Cameroun, l’heure n’est plus à l’incitation seule, mais à l’exigence de conformité comme condition sine qua non de l’appartenance au concert des nations industrialisées.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

