LE FOOTBALL COMME VECTEUR DE PACIFICATION ET DE CIVISME : À New-Bell, l’épilogue de la « New-Bell Liga » consacre la souveraineté citoyenne.

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Le Stade Ernest Ngongang du Camp TSF à New-Bell a été le théâtre, ce samedi 4 juillet 2026, d’un dénouement sportif et sociopolitique de haute facture. La finale du Tournoi Vétéran, placée sous le parrainage hautement symbolique de la Sûreté Nationale et intitulée « Notre Police Adorée. La CNI en 24h », s’est achevée par le sacre des Vétérans Mbonyo de Bonabéri. Au-delà de la simple chronique sportive, cet événement orchestré par le grand conseiller municipal Charles Élie Zang révèle la puissance du football de proximité comme instrument de cohésion sociale, de résilience mémorielle et de communication d’État.

Dans les quartiers populaires de Douala, le football n’est jamais un simple jeu. Il est un miroir social, un régulateur de tensions et, parfois, une tribune politique de premier ordre. La New-Bell Liga, initiée par Charles Élie Zang, conseiller municipal à la mairie de Douala 2ème et Grand conseiller à la Communauté Urbaine de Douala (CUD), en offre une illustration magistrale. En clôturant ce tournoi vétéran qui a vu la victoire finale des Vétérans Mbonyo 2-0 sur l’équipe locale de New-Bell (2-1), les organisateurs ont réussi la fusion parfaite entre le sport de haut niveau pour anciennes gloires et un plaidoyer civique d’envergure nationale.

L’épilogue sur le rectangle vert : Rigueur tactique et dénouement dramatique

Disputée selon le format rigoureux de la catégorie vétéran — deux mi-temps de trente minutes exigeant une gestion optimale des organismes —, la finale a offert aux milliers de spectateurs du Camp TSF un spectacle d’une grande intensité dramatique. La physionomie de la rencontre s’est dessinée en seconde période, marquée par un sursaut d’héroïsme individuel et collectif.

À la 5ème minute de la reprise, les Vétérans de New-Bell (arborant une livrée noire) manquent l’occasion d’ouvrir le score, voyant leur penalty repoussé par le portier impérial de Bonabéri. Qu’à cela ne tienne, l’abnégation locale paie six minutes plus tard, à la 11ème minute, lorsque New-Bell trouve enfin la faille.

Toutefois, la maîtrise tactique des Vétérans Mbonyo 2-0 a fini par dicter sa loi. Le coup de grâce est venu de la cage de Bonabéri : à la 29ème minute, une claquette réflexe d’une rare pureté technique a préservé l’avantage des visiteurs, scellant leur victoire (2-1) et offrant à leur gardien le titre incontesté de meilleur rempart du tournoi.

Le palmarès de cette édition consacre également l’éthique sportive : si les Mbonyo s’emparent du trophée majeur, New-Bell se console avec la distinction de « l’équipe la plus propre » et celle du meilleur entraîneur. L’équipe Génération 80 a reçu le prix du fair-play, tandis que Tout New-Bell a été honoré pour sa discipline exemplaire.

Les soubresauts du calendrier et la trajectoire de l’expansion

Interrogé sur le calendrier exceptionnellement tardif de cette finale, le promoteur Charles Élie Zang s’est livré à une analyse lucide des réalités structurelles du football amateur au Cameroun.

Les exigences des compétitions nationales vétérans hors de la métropole, les hommages funèbres obligatoires au sein de la communauté, mais aussi les « soubresauts » inhérents à une année électorale particulièrement intense, ont imposé ce report. « Il s’agissait d’apurer les comptes du passé pour aborder l’avenir sous des auspices sereins », a-t-il précisé.

L’avenir, précisément, s’annonce sous le signe d’une croissance exponentielle. De 18 équipes issues de tous les horizons de la métropole — de Logbaba à Bépanda, en passant par Bonamoussadi —, la New-Bell Liga passera à un format de 23 équipes pour la saison 2026. Ce championnat élargi, structuré du 26 juin au 5 septembre 2026, s’achèvera par une grande action de solidarité : la distribution de fournitures scolaires à 3 000 enfants issus de familles défavorisées.

De la rémanence de la mémoire au « soft power » institutionnel

La force de ce tournoi réside également dans sa charge mémorielle et civique. Charles Élie Zang a annoncé que les playoffs du championnat porteraient désormais le nom du regretté Samy Zato, figure emblématique des médias locaux. Dotés d’une récompense d’un million de francs CFA, ces matchs de phase finale seront parrainés par sa famille, perpétuant ainsi l’héritage d’un homme de consensus.

Mais le coup d’éclat politique de cette finale réside dans son parrainage institutionnel. En présence du Commissaire divisionnaire Hervé Marie Ondoa Ongono, Délégué régional de la Sûreté nationale du Littoral — représentant personnel du Délégué général, Martin Mbarga Nguélé —, la police s’est affichée non comme une force de coercition, mais comme un partenaire du développement social.

Le message central, relayé avec force par le promoteur, touche à la simplification des procédures administratives de l’État : la délivrance de la Carte Nationale d’Identité (CNI) en 24 heures. Un service désormais exempt de corruption et de lenteurs bureaucratiques, célébré au cœur de New-Bell comme une victoire de la modernité camerounaise.

Soutenue par Florence Nouadjou, conseillère régionale du Littoral et présidente de l’OFRDP Wouri 4, cette finale a magnifié le multiculturalisme de Douala. Dans les tribunes du Camp TSF, le football a une fois de plus démontré qu’il demeure le plus efficace des ciments républicains, capable d’unir les quartiers et les générations autour d’un idéal partagé de paix et de progrès.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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