CAMEROUN : 100 MILLIONS DE FCFA POUR UN FESTIVAL, TANDIS QUE l’IRPP FRAPPE LES CHÔMEURS

0
332

L’attribution d’une subvention de 100 millions de francs CFA (environ 152 000 euros) à un président d’association pour l’organisation d’un festival de la banane-plantain a suscité une vive polémique au Cameroun. Cette décision gouvernementale contraste fortement avec la situation socio-économique du pays et les exigences fiscales imposées à ses citoyens.

Alors que le chômage touche une grande partie de la population, l’État réclame le paiement de l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP), même aux individus aux revenus précaires. Ce paradoxe a provoqué l’indignation de nombreux Camerounais, qui dénoncent un double standard inacceptable.

« On nous demande de déclarer nos maigres revenus, parfois issus de petits boulots occasionnels, pour contribuer aux finances publiques, tandis que des sommes considérables sont allouées sans transparence à des événements qui ne semblent pas prioritaires », déplore un jeune diplômé sans emploi. Cette situation met en lumière l’injustice perçue par une population confrontée à des difficultés économiques croissantes.

L’absence d’application de l’article 66 de la Constitution, en vigueur depuis 1996, qui impose la déclaration des biens aux fonctionnaires, renforce ce sentiment d’injustice. Cette disposition, destinée à lutter contre la corruption, reste lettre morte, accentuant l’opacité dans la gestion des fonds publics.

Le manque de transparence entourant l’attribution de la subvention pour le festival soulève également des questions. Les critères de sélection, le budget détaillé et les mécanismes de contrôle des dépenses ne sont pas clairement définis, alimentant les soupçons de favoritisme et de mauvaise gestion.

Cette affaire révèle les failles du système de gouvernance camerounais. L’écart entre les discours officiels sur la bonne gouvernance et la réalité sur le terrain creuse le fossé entre l’État et sa population. La défiance envers les institutions s’accroît, nourrie par l’impression d’un traitement inégalitaire et d’un manque de responsabilité.

Plusieurs organisations de la société civile réclament une enquête transparente sur l’utilisation des fonds publics. Elles insistent sur la nécessité d’une meilleure gestion des finances publiques et d’une plus grande équité dans l’application des lois fiscales. L’application effective de l’article 66 de la Constitution serait un pas crucial vers une plus grande transparence et une lutte efficace contre la corruption.

L’attribution de 100 millions de FCFA à un festival, alors même que l’État exige le paiement de l’IRPP aux citoyens les plus précaires et que l’article 66 de la Constitution sur la déclaration des biens reste inappliqué, pose de sérieuses questions sur la gouvernance au Cameroun. Cette situation exacerbe les inégalités et érode la confiance dans les institutions. Une réforme profonde du système est urgente pour garantir une gestion plus juste et transparente des fonds publics.

Georges Martial Ngalieu

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici