BRUXELLES : LA DIASPORA CAMEROUNAISE COMBATTANTE MET EN GARDE CONTRE « LA DÉRIVE AUTORITAIRE DU RÉGIME BIYA ».

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Dans un communiqué final rendu public et parvenu à la rédaction de la voix de l’Afrique, Les États Généraux de la Diaspora Résistante, tenus à Bruxelles les 14, 15 et 16 mars 2025, se sont achevés sur un appel solennel à la communauté internationale et à la nation camerounaise. La Diaspora Camerounaise Combattante, regroupant différentes entités engagées dans la lutte pour la démocratie et les droits humains au Cameroun, a exprimé sa profonde inquiétude face à ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire orchestrée par le régime de Paul Biya.

Après deux jours d’intenses réflexions, la Diaspora a réaffirmé son « obligation morale perpétuelle » de solidarité envers le peuple camerounais, qu’elle décrit comme « meurtri » après 43 ans de règne de M. Biya. L’espoir d’une transition politique pacifique en 2025 semble s’amenuiser, selon les participants aux États Généraux. Ils accusent le régime de « torpiller » le code électoral et de contraindre les responsables d’ELECAM (Élections Cameroon) à « fouler aux pieds la loi électorale », anéantissant ainsi la perspective d’un changement par les urnes et dans la paix.

Appel à la Vigilance Face à la Recrudescence de la Violence d’État

La Diaspora Camerounaise Combattante alerte sur une « recrudescence bien entretenue d’appels à la violence et à la répression d’État ». Elle dénonce l’attitude de certains membres du gouvernement, qu’elle qualifie d’ illégitime et dictatorial, ainsi que de certains intellectuels et hommes de médias accusés d’ instrumentalisation. Ces derniers, selon la Diaspora, « distillent la haine et la division » à travers des communiqués et des interventions médiatiques.

La Diaspora s’insurge contre cette « violence d’État érigée désormais en mode de gouvernance au Cameroun ». Elle rappelle que depuis des décennies, le régime de M. Biya est accusé de semer « la terreur, la mort et la désolation » à travers le pays, affectant toutes les catégories sociales.

*Un Bilan Tragique Rappelé avec Force*

Les participants aux États Généraux ont dressé un bilan alarmant de la situation au Cameroun :

•  La guerre civile dans les régions anglophones : La Diaspora dénonce une guerre « stupide » entretenue par M. Biya, ayant causé plus de 16 000 morts, 1,5 million de déplacés internes et 50 000 déplacés à l’étranger.

•  Assassinats de journalistes : Les noms de Bibi Ngota, Samuel Wazizi et Martinez Zogo (dont le corps se trouverait toujours dans une morgue de Yaoundé) ont été cités pour illustrer le climat d’intimidation et de violence envers la presse.

•  Assassinats de prélats : La Diaspora a également évoqué les assassinats de Monseigneur Yves Plumey, Monseigneur Benoît BALLA, ainsi que d’autres religieuses et religieux.

•  Autres violations des droits humains : La Diaspora a mentionné des enlèvements, des intimidations de leaders d’opinion, des conflits inter-ethniques macabres sur fond d’ instrumentalisation politique, et des actes de torture contre des citoyens.

*Le Cameroun, Pays Africain Avec le Plus Grand Nombre de Prisonniers d’Opinion ?*

La Diaspora affirme que  » «plusieurs voire milliers d’arrestations et emprisonnements arbitraires d’hommes politiques et de militants des droits de l’homme » font du Cameroun le pays africain ayant le plus grand nombre de prisonniers d’opinion.

Elle dénonce également la corruption, le clientélisme, la prévarication, le népotisme, les détournements, le clanisme et le tribalisme, qu’elle considère comme endémiques et érigés en mode de gouvernance.

*Vers une Action Coordonnée ?*

Si le communiqué final ne détaille pas les actions concrètes que la Diaspora entend mener, il laisse entrevoir une volonté de coordonner les efforts des différentes entités combattantes pour faire pression sur le régime de Yaoundé et sensibiliser la communauté internationale à la gravité de la situation au Cameroun. La Diaspora semble déterminée à ne pas laisser le régime de Paul Biya « torpiller » les espoirs de changement et à continuer de se battre pour un Cameroun démocratique et respectueux des droits humains.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
DBA en stratégie Marketing et communication politique universelle

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