La ville de Douala, poumon économique du Cameroun et carrefour des ambitions industrielles de la sous-région, a servi de cadre, du 19 janvier au 14 février 2026, à une session de formation de haute volée sur le « KAIZEN AVANCÉ ». Cette initiative, qui s’inscrit dans la stratégie nationale de développement, marque une étape décisive dans la transformation structurelle des PME camerounaises, désormais armées pour affronter la concurrence internationale.
Dans un monde où la compétitivité ne se décrète pas mais se construit par la rigueur et l’innovation constante, le Cameroun a choisi de faire du concept japonais « Kaizen » l’amélioration continue, le fer de lance de sa mutation industrielle. La clôture de cette formation intensive à Douala n’était pas seulement la fin d’un cycle d’apprentissage, mais le signal d’un nouveau départ pour des dizaines de chefs d’entreprises résolus à transformer leurs unités de production en modèles d’efficacité.

Un écosystème de soutien pluriel et dynamique
Le succès de cette formation ne saurait être isolé. Il est le fruit d’une architecture institutionnelle dense, patiemment bâtie pour soutenir le tissu entrepreneurial. En effet, l’État camerounais ne se contente plus d’un rôle de régulateur ; il se fait facilitateur et bâtisseur d’écosystèmes.
L’existence de programmes d’accompagnement diversifiés témoigne de cette volonté de ne laisser aucune PME au bord du chemin. Du programme Kaizen pour la performance opérationnelle au Campack pour l’amélioration de l’emballage et du conditionnement, en passant par le Fond Proto dédié à l’innovation, le SECAL pour la sécurité alimentaire, ou encore le PAD-PME et l’initiative SHE TRADES en faveur de l’entrepreneuriat féminin, le gouvernement déploie une panoplie d’outils stratégiques. Ces mécanismes tracent ainsi la voie d’un écosystème dynamique et plus compétitif, capable de transformer les matières premières locales en produits à haute valeur ajoutée.


Le pacte de confiance entre l’État et le secteur privé
Lors de la cérémonie de clôture, la parole officielle a porté un message d’espoir et de fermeté patriotique. S’adressant directement aux capitaines d’industrie, le représentant du Gouvernement a réitéré l’engagement indéfectible de l’État :
« Chers responsables d’entreprises, je puis vous rassurer du soutien constant et indéfectible du Gouvernement Camerounais dans l’atteinte de vos objectifs. Nous travaillons main dans la main pour la construction d’un tissu économique de PME fort et compétitif, afin de relever le défi de l’industrialisation de notre pays et, par la même occasion, conquérir les Marchés Internationaux pour bâtir un Cameroun économiquement Prosper et Émergent. »
Cette déclaration souligne une vérité fondamentale : l’industrialisation n’est pas qu’une question de machines ou de capitaux, c’est une question de synergie. Le Partenariat Public-Privé (PPP) s’impose ici comme le moteur indispensable pour franchir les barrières douanières et normatives des marchés globaux.

Le Kaizen : Une philosophie de combat pour l’émergence
Le choix du Kaizen « Avancé » n’est pas fortuit. Là où le Kaizen de base se contente de ranger et de nettoyer (les fameux 5S), la version avancée s’attaque à l’optimisation des flux, à la réduction drastique des gaspillages et à l’ingénierie de la qualité. Pour une PME camerounaise, maîtriser ces outils, c’est s’ouvrir les portes de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF) et des marchés européens ou asiatiques.
La formation qui s’est achevée le 14 février dernier a permis aux participants de s’approprier des techniques de pointe qui feront, demain, la différence sur le terrain de la productivité. En clôturant les travaux, l’autorité a scellé cet engagement par une formule solennelle, invoquant les piliers de la nation :
« C’est sur ces propos que je déclare close la Formation en KAIZEN AVANCE tenue du 19 janvier au 14 février 2026 dans la ville de Douala. Pour que vive l’entrepreneuriat camerounais, vive le partenariat public-privé, vive la coopération internationale, vive le Cameroun et son illustre Chef, le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA. »


Vers un horizon 2035 de production
L’heure est désormais à l’application. Les responsables d’entreprises formés rentrent dans leurs structures avec une responsabilité nouvelle : celle d’être les ambassadeurs de l’excellence opérationnelle. Le défi de l’industrialisation est immense, mais avec un État stratège et des entrepreneurs audacieux, le Cameroun se donne les moyens de son ambition.
Le « Made in Cameroon » ne doit plus être un simple slogan, mais un label de qualité reconnu mondialement, porté par la rigueur du Kaizen et la force d’un tissu de PME solidement soutenu par les pouvoirs publics.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

