ATELIER DE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS DES PRÉSIDENTS DES CONSEILS RÉGIONAUX : Vers une Gestion Efficace du Fonds Routier.

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Le 8 octobre 2026, Douala, cité économique du Cameroun, a accueilli un événement crucial pour l’avenir de l’entretien routier : un atelier de renforcement des capacités des Présidents des Conseils régionaux, un cadre déterminant pour la mise en œuvre efficace des procédures du Fonds routier. Cet atelier s’inscrit dans le cadre du programme d’activités 2026 de l’institution, visant à améliorer la programmation, l’exécution et le suivi des projets d’entretien des routes régionales.

Un Cadre Institutionnel Renouvelé

Au cœur des discussions, la nécessité de mieux comprendre et appliquer les procédures du Fonds routier a été mise en avant. L’intervenant principal, Aubin Essaïe Moussa, Administrateur du Fonds routier, a rappelé que ce mécanisme constitue une assise pérenne pour le financement des activités d’entretien routier, de prévention et de sécurisation routières. La réorganisation institutionnelle, matérialisée par la promulgation du décret n° 2025/293 du 10 juillet 2025, a redéfini les missions et le cadre d’intervention du Fonds, et a établi un environnement favorable à une meilleure mobilisation des ressources pour les infrastructures routières.

Rôle des Collectivités Territoriales Décentralisées

À la lumière du décret n° 2017/144 du 20 avril 2017, la question de la décentralisation se révèle cruciale. En effet, les Conseils régionaux et les Conseils exécutifs régionaux se voient attribuer la maîtrise d’ouvrage sur les routes régionales, intégrant ainsi ces institutions au cœur du schéma de programmation et d’exécution des opérations d’entretien. Ces prérogatives, bien que chargées de défis, représentent également une opportunité historique pour renforcer le capital routier régional.

Mobilisation des Ressources : Des Chiffres Éloquents

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2023 et 2026, le Fonds routier a mobilisé une enveloppe de 21,162 milliards de FCFA, visant l’entretien de 2 449,92 kilomètres de routes et 236 mètres linéaires d’ouvrages d’art. Cette somme, allouée avec minutie, se répartit comme suit :

⦁ Adamaoua : 1,368 milliard de FCFA pour 316,25 km,
⦁ Nord : 2,314 milliards de FCFA pour 441,20 km,
⦁ Extrême-Nord : 1,730 milliard de FCFA pour 279,71 km,
⦁ Littoral : 1,580 milliard de FCFA pour 174,54 km,
⦁ Nord-Ouest : 3,392 milliards de FCFA pour 156,62 km et 27 m d’ouvrages,
⦁ Ouest : 2,562 milliards de FCFA pour 82,30 km et 10 m d’ouvrages,
⦁ Sud-Ouest : 1,917 milliard de FCFA pour 217 km,
⦁ Centre : 2,124 milliards de FCFA pour 199,77 km et 63 m d’ouvrages,
⦁ Est : 2,081 milliards de FCFA pour 369,93 km et 24 m d’ouvrages,
⦁ Sud : 2,088 milliards de FCFA pour 215,54 km et 112 m d’ouvrages.

Ces investissements témoignent d’une volonté affichée des pouvoirs publics de convertir les ambitions de décentralisation en actions concrètes et visibles sur le terrain.

Modules de Formation : Équiper les Acteurs

L’atelier a été structuré autour de cinq modules clés, conçus pour renforcer la compréhension des procédures entre les acteurs impliqués :

  1. Compétences transférées et cahiers de charges : Compréhension des rôles des trois ordonnateurs du Fonds routier.
  2. Méthodologie d’élaboration des programmes : Approche structurée pour concevoir des programmes d’entretien adaptés.
  3. Transfert de compétences : Le rôle décisif du MINHDU dans la gestion décentralisée.
  4. Passation et exécution des projets : Outils pour garantir la bonne mise en œuvre des projets.
  5. Procédures de paiement et traitement des décomptes : Importance de la rigueur dans les processus financiers.

Les discussions ont aussi mis en lumière les insuffisances récurrentes observées, afin d’éviter les erreurs fréquentes dans le traitement des projets de contrats.

Vers une Décentralisation Efficace

Cet atelier, au-delà de fournir des outils pratiques, représente une avancée vers un encadrement efficace des collectivités territoriales et une meilleure gestion des infrastructures routières. En formant les Présidents des Conseils régionaux, le Fonds routier vise à renforcer les compétences locales, permettant ainsi aux acteurs régionaux d’exercer pleinement leur rôle dans la hiérarchie de la gestion routière.

Un Cercle Vertueux pour le Développement Local

La décentralisation ne doit pas être considérée seulement comme un transfert de responsabilités, mais comme une réelle opportunité pour les régions de devenir des acteurs proactifs dans le développement de leur réseau routier. L’atelier a également permis de créer un espace d’échanges entre les participants, favorisant le partage des expériences et des bonnes pratiques. Cela crée un cercle vertueux où les leçons apprises par une région peuvent être appliquées dans d’autres contextes, stimulant ainsi un développement régional plus harmonieux et intégré.

L’Engagement des Partenaires Techniques et Financiers

Il est également important de noter que l’engagement des acteurs de développement, qu’ils soient gouvernementaux, privés ou du secteur associatif, sera déterminant dans la réussite de ces initiatives. Les collectivités devront travailler de concert avec les partenaires techniques et financiers pour assurer la viabilité et la pérennité des projets d’entretien routier. L’adhésion à un cadre de collaboration efficace permettra de mobiliser des ressources supplémentaires et d’assurer une meilleure harmonisation des interventions.

Vers un Suivi et une Évaluation Rigoureux

Enfin, les représentants des communes et des régions présents à l’atelier ont été invités à mettre en place des mécanismes de suivi et d’évaluation des projets d’entretien routier financés. Un suivi rigoureux et une évaluation régulière des actions entreprises renforceront la transparence et garantiront une utilisation optimale des ressources. Cela permettra également d’ajuster les stratégies en fonction des résultats obtenus et des réalités sur le terrain.

L’atelier de Douala symbolise une étape décisive dans le processus de décentralisation et de gestion des infrastructures routières au Cameroun. Avec une structure institutionnelle adaptée, un cadre de financement solide et une volonté politique affirmée, le pays est sur la voie d’améliorer significativement son réseau routier. En armant les collectivités territoriales des compétences nécessaires et en favorisant l’interaction entre les acteurs, le Fonds routier contribue à construire une base robuste pour un développement infrastructural durable et inclusif.

Les prochaines étapes impliqueront non seulement l’application des connaissances acquises lors de cet atelier, mais aussi l’engagement continu de tous les acteurs pour surmonter les défis et réaliser une vision commune d’une infrastructure routière résiliente et dynamique qui bénéficiera à l’ensemble des populations.

La route à parcourir est encore longue, mais avec l’implication de chacun, elle sera pavée de succès et d’avancées significatives pour le développement des infrastructures routières au Cameroun.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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