Le développement des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) est devenu un impératif incontournable pour les pays d’Afrique Centrale. La compétitivité économique et le développement social de la région en dépendent de plus en plus. C’est dans cette optique que le Programme d’Appui à la Gouvernance des Infrastructures Régionales et Nationales (PAGIRN) de l’Union Européenne se profile comme un projet phare, promettant de transformer le paysage numérique de six pays de la région : Cameroun, Gabon, Congo, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo et Tchad.
À ce jour, le consortium orchestré par l’École Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé (ENSPY) et l’École Nationale Supérieure des Postes, Télécommunications et TIC (SUP’PTIC) a déjà franchi des étapes décisives. En effet, la première phase du projet, qui a démarré le 6 août 2021, a posé les bases d’une stratégie ambitieuse pour renforcer la prospective et la planification des TIC sur le continent.


La couche fondamentale de cette initiative repose sur l’élaboration d’une cartographie des besoins TIC. Ce travail exhaustif permet de recueillir les véritables besoins des usagers à travers des consultations dans les six pays impliqués. Les résultats, validés par des experts du cabinet Development Business Services (DBS), révèlent un tableau riche et complexe des attentes en matière d’accès, d’utilisation et de formation à Internet.
Ce processus de cartographie s’accompagne également de diagnostics précis des infrastructures existantes. Ces diagnostics mettent en exergue les lacunes et les opportunités, facilitant ainsi la planification d’interventions ciblées. Par exemple, le rapport de synthèse élaboré pour l’Afrique centrale met en lumière des projets prioritaires, essentiels pour le développement d’infrastructures résilientes et durables.


Deux autres composantes majeures viennent renforcer ce dispositif. La première consiste à élaborer des documents cadres de référence des infrastructures TIC, dont l’objectif est de produire des plans stratégiques. Ces documents visent à harmoniser les standards et à favoriser l’intégration numérique des pays de la région. La seconde composante, pas des moindres, se concentre sur le développement du capital humain. En fin de compte, il ne s’agit pas seulement de constructions physiques, mais aussi d’une montée en compétences des ressources humaines qui seront chargées d’exploiter ces infrastructures.


Une attention particulière est portée à la formation des nouvelles générations. Le projet aspire à élever le niveau de compétences des professionnels du secteur à travers la mise en réseau universitaire et des programmes de formation adaptés aux besoins contemporains du marché. La gouvernance numérique et la planification des infrastructures TIC deviennent ainsi des axes de formation stratégiques.
À ce stade, la phase d’actualisation des documents de référence a été lancée. Deux consultants ont été engagés pour revisiter les rapports de diagnostic antérieurs, garantissant que toutes les données restent pertinentes et à jour. Cette initiative d’actualisation est cruciale, compte tenu de la rapidité avec laquelle évoluent les technologies et les besoins des usagers.

L’enjeu est de taille : au-delà de l’amélioration de l’accès à Internet, il s’agit de créer un écosystème numérique en Afrique Centrale capable de rivaliser sur la scène mondiale. Ce changement a des implications profondes pour le développement économique, en favorisant l’innovation, en attirant de nouveaux investissements et en créant des emplois.
Les premières avancées du projet PAGIRN sont déjà perçues comme un levier indéniable pour le développement régional. Le soutien de l’Union Européenne souligne également l’importance d’une coopération internationale dans l’atteinte de ces objectifs. Toutefois, pour que la transformation numérique souhaitée soit pleinement réalisée, un engagement continu et la mobilisation de ressources sont indispensables.

L’Afrique Centrale est à un tournant décisif. Le PAGIRN offre une feuille de route solide pour un avenir numérique prometteur, mais il appartient aux gouvernements, aux institutions académiques, et au secteur privé de travailler main dans la main pour concrétiser ce potentiel. La route est encore longue, mais l’horizon se dessine, plein de promesses et d’opportunités. Il est temps pour l’Afrique Centrale de se positionner comme un acteur clé de l’innovation numérique mondiale.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

