L’ère des balbutiements et de l’apprentissage institutionnel appartient désormais au passé. Réuni à Douala depuis ce mardi 17 février 2026 pour sa session budgétaire, le Conseil Régional du Littoral (CRL) a dévoilé ses ambitions pour l’exercice 2026. Avec une enveloppe record flirtant avec les 13 milliards de francs CFA, l’institution dirigée par Polycarpe Banlog s’engage dans une phase de réalisations concrètes, où l’efficacité opérationnelle doit désormais répondre aux attentes pressantes des populations.
Le décor était celui des grands jours dans la métropole de Douala. Sous le regard attentif du Gouverneur de la Région du Littoral, Dieudonné Ivaha Diboua, entouré du Préfet du Wouri et du Maire de la Ville, s’est ouverte la 4ème session ordinaire du Conseil Régional. L’enjeu est historique : l’examen et l’adoption du budget de l’exercice 2026, premier acte financier d’une mandature qui refuse désormais l’indulgence.

La fin de l’état de grâce pour l’exécutif régional
D’entrée de jeu, le ton du Président du Conseil Régional, Polycarpe Banlog, a marqué les esprits par sa solennité et sa franchise. « Passée la mandature de l’apprentissage, nous rentrons de plain-pied dans la mandature de l’action », a-t-il déclaré avec une fermeté assumée. Pour l’édile régional, le temps des excuses liées à la découverte de la décentralisation est révolu.
Désormais, le déploiement du CRL sera « visible sur le terrain », sans exception géographique. Du Moungo au Nkam, de la Sanaga-Maritime au Wouri, chaque département devra ressentir l’onde de choc du développement. « Nous ne nous cacherons plus sous le prétexte de l’apprentissage pour solliciter des circonstances atténuantes », a martelé Polycarpe Banlog, signifiant ainsi que l’exécutif se place lui-même sous une obligation de résultats.

Un saut budgétaire spectaculaire : La révolution de la fiscalité locale
Le fait marquant de cette session est sans conteste l’explosion du volume financier mis à disposition de la Région. En l’espace d’un exercice, le budget du Conseil Régional a été pratiquement quadruplé, passant de 3 milliards à une enveloppe globale de 12 785 473 108 francs CFA.
Cette manne financière inédite trouve sa source dans les réformes audacieuses de la Loi des Finances 2026, qui consacre la montée en puissance de la fiscalité locale. Ce poste génère à lui seul plus de 8 milliards de francs CFA. À ce moteur fiscal s’ajoutent 2 milliards de dotation multisectorielle (BIP/MINDDEVEL), plus d’un milliard de dotations transférées par les administrations sectorielles, et un milliard au titre de la Dotation Générale de la Décentralisation (DGD) pour le fonctionnement.
Pour Polycarpe Banlog, cet arsenal financier a un objectif unique : l’amélioration des conditions de vie. « Nous allons consacrer ce nouveau mandat non pas à contenter les gens, mais à faire en sorte que les populations ressentent que la décentralisation a vraiment décollé », a-t-il précisé face à la presse.

L’avertissement du Gouverneur : De l’adoption à l’exécution
Si l’enthousiasme était palpable, le représentant de l’État, le Gouverneur Dieudonné Ivaha Diboua, a tenu à rappeler les exigences de la souveraineté budgétaire. Qualifiant ce budget d’« historique », il a souligné que le quadruplement des ressources imposait un « devoir d’excellence ».
« Voter un budget est une étape importante, l’exécuter en est une autre », a rappelé le Gouverneur, mettant en garde contre toute inertie administrative. Pour l’autorité de tutelle, les ressources mobilisées doivent impérativement servir à achever les chantiers structurants et à répondre aux défis de l’éducation, de la santé et du désenclavement. L’heure n’est plus à la théorie, mais à la matérialisation physique du développement.

Vers un horizon de transformation
Pendant trois jours, les conseillers régionaux vont passer au crible chaque ligne de dépense pour s’assurer de leur pertinence sociale. Mais le message principal est déjà passé : le Conseil Régional du Littoral a changé de dimension. En se dotant d’un budget de près de 13 milliards, il se donne les moyens de son ambition. Reste désormais le défi de la consommation complète des ressources et de la réalisation des projets dans les règles de l’art. Pour les habitants du Littoral, 2026 s’annonce comme l’année où la décentralisation cessera d’être un concept pour devenir une réalité tangible au bas de leur porte.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

