ÉCONOMIE VERTE : Le Cameroun à l’Aube d’une Révolution Financière grâce au Marché du Carbone.

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Dans un monde de plus en plus soucieux de durabilité et de protection de l’environnement, le Cameroun émerge comme un acteur ambitieux dans l’arène du marché du carbone. Depuis Douala, la métropole économique du pays, des discussions cruciales se déroulent, abordant la préparation du pays à intégrer ce marché florissant et à tirer profit de sa biodiversité remarquable.

Au cours d’un atelier de quatre jours, le Ministère camerounais de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED), le Ministère des Finances (MINFI) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) unissent leurs forces pour établir une feuille de route efficace. L’objectif est clair : identifier les mécanismes de financement nécessaires à la valorisation de la biodiversité, tout en optimisant les ressources naturelles du pays.

Le Cameroun voit en son environnement une opportunité inestimable de générer des revenus grâce à la séquestration du carbone, un processus par lequel le dioxyde de carbone déjà présent dans l’atmosphère est stocké, permettant ainsi de réduire les effets néfastes des gaz à effet de serre (GES). En mettant l’accent sur la restauration de ses 12 millions d’hectares de terres dégradées, le pays cherche à capter une part importante de la manne financière que représente le marché du carbone, tout en visant à stimuler son Produit Intérieur Brut (PIB).

Le marché du carbone repose sur un principe simple : les entités qui réussissent à réduire les émissions de GES ou à en séquestrer dans l’atmosphère sont récompensées financièrement. Ce système, établi dans le cadre de l’Accord de Paris, représente une nouvelle source de financement pour les pays émergents, dont le Cameroun, désireux de valoriser ses richesses naturelles.

Bernardin Uzayisaba, expert du PNUD, a éclairci le fonctionnement de ce marché lors de l’ouverture de l’atelier : « Les vendeurs sur ce marché commercialisent les quantités de GES qu’ils ont réussi à réduire ou à éviter, mesurées en tonnes. Ce modèle de financement est essentiel pour atteindre les objectifs de développement durable dans un cadre global. »

Aussi, pour que le Cameroun puisse s’adjuger une part de cette économie verte, la coordination entre l’État et les acteurs privés est primordiale. Cela implique la mise en place de procédures simplifiées, la fiabilité des données et une minimisation des risques associés aux investissements dans ce secteur. Pour ce faire, la collaboration entre les pouvoirs publics et les acteurs privés s’avère indispensable, non seulement pour la validation des projets, mais aussi pour s’assurer que les prévisions de séquestration du carbone soient solides et fiables.

La richesse de la biodiversité camerounaise, qui comprend des forêts luxuriantes, des mangroves et des marécages, est donc perçue comme un véritable trésor. Le pays est dans une dynamique proactive pour valoriser ces ressources et se positionner en tant que leader dans le marché du carbone. La séquestration du carbone se fait de manière naturelle, par les processus biologiques tels que la photosynthèse, mais aussi grâce à des méthodes industrielles plus innovantes.

Alors que les acteurs nationaux et internationaux se réunissent à Douala, les enjeux ne sont pas seulement économiques ; ils sont également environnementaux. En intégrant la finance biodiversité dans ses politiques, le Cameroun espère non seulement générer des revenus, mais aussi préserver son écosystème unique pour les générations futures.

L’atelier en cours est donc un haut lieu de réflexions stratégiques qui engagera le pays sur la voie d’une transition vers une économie verte soutenue par une exploitation responsable de ses ressources naturelles. Cette démarche pourrait non seulement renforcer la position du Cameroun sur la scène internationale, mais également servir d’exemple inspirant pour d’autres nations africaines en quête de solutions innovantes face aux défis environnementaux contemporains.

Le succès de cette initiative dépendra de la capacité des différents acteurs à travailler en synergie, à s’adapter aux exigences du marché international et à mobiliser les financements nécessaires. En somme, le Cameroun s’engage dans une stratégie ambitieuse, témoignant de son désir d’allier développement  économique et préservation de la biodiversité, conscient que la sauvegarde de son environnement est indissociable de son avenir économique. Le pari est audacieux, mais le potentiel est immense, promettant un avenir radieux dans le cadre d’une économie verte durable.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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