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DROITS, JUSTICE, ACTION : Une Feuille de Route pour l’égalité des Genre.

L’édition 2026 de la Journée Internationale de la Femme revêt une importance particulière, sous le thème puissant : « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles ». Ce slogan représente bien plus qu’un simple appel ; il incarne une exigence claire et triangulaire, aux fondements de laquelle se trouvent les notions de droits horizontaux, de justice économique et d’action proactive.

D’une part, l’exigence des droits souligne l’importance de bâtir des cadres juridiques solides et effectifs pour garantir l’égalité des sexes au sein des sociétés. En effet, l’égalité ne peut s’envisager sans un socle juridique qui protège et promeut les droits des femmes, leur permettant ainsi d’accéder à des opportunités équitables au même titre que leurs homologues masculins. La réalité est hélas préoccupante : d’après le rapport « Women, Business and the Law 2026 » du Groupe de la Banque mondiale, les femmes ne jouissent encore que de 77 % des droits juridiques attribués aux hommes. Pire encore, près de 2,4 milliards de femmes vivent dans des pays où la législation ne protège pas pleinement leur participation économique.

Loin de se limiter à ce constat alarmant, le rapport met également en lumière un autre fait préoccupant : les lois favorables à la participation économique des femmes, bien que présentes, sont souvent « qu’à moitié appliquées ». Cela met en évidence un manque d’exécution, de mécanismes opérationnels et de capacités institutionnelles. Au Cameroun, par exemple, les chiffres exposés par le rapport 2026 tournent autour d’indices révélateurs de cette insuffisance : 44,48/100 pour le cadre légal, 30,83/100 pour les cadres de soutien, et 34,01/100 pour la perception de l’application des lois. Ces données soulignent la nécessité d’une action immédiate et ciblée.

Pourquoi un tel engagement est-il impératif ? Une économie où les femmes sont non seulement peu protégées, mais aussi peu soutenues dans leurs démarches d’accès à la justice, ne peut aspirer à atteindre son plein potentiel. En effet, en limitant l’inclusion, elle se prive de talents, entrave sa productivité et freine sa création de valeur. Un constat supplémentaire du rapport met aussi en lumière que les femmes perçoivent, en moyenne, 20 % de moins que leurs homologues masculins pour un travail équivalent. Ainsi, seule une entreprise sur huit communique sur l’écart salarial entre les sexes.

À travers cette dynamique, il est évident que la diversité au sein des conseils d’administration, ainsi que dans les postes de direction, pénalise la performance et la durabilité d’une société. En revanche, les entreprises bien diversifiées s’illustrent souvent par de meilleures performances financières et extra-financières. Il est alors nécessaire d’adopter des pratiques de gouvernance inclusives et transparentes. En ce sens, l’initiative « Ring the Bell » mérite d’être soulignée. Elle positionne l’égalité au cœur de la stratégie d’entreprise et des critères de qualité de marché.

La Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC), par son rôle de coorganisation de cette initiative, souligne son engagement à promouvoir des marchés plus transparents et diversifiés, tout en alignant ses pratiques sur les normes internationales.

L’action à mener ne peut être réduite à une simple formule ; elle doit se décliner en une feuille de route concrète et mesurable. Il s’agit notamment d’intégrer des indicateurs de genre dans les mesures de cotation et de divulgation, d’utiliser des outils analytiques pour examiner les écarts de genre, de renforcer le financement des petites et moyennes entreprises dirigées par des femmes, souvent sous-représentées, et de promouvoir la transparence comme norme de marché.

Ainsi, aujourd’hui, nous faisons entendre la cloche non comme un simple symbole, mais comme une déclaration d’intention résolue en faveur de l’égalité des sexes. Car, il faut l’affirmer avec force : l’égalité entre les femmes et les hommes ne se réalisera pas par des actions isolées ni par des attentes passives, mais bien par des choix politiques, juridiques et économiques concrets, ainsi que par leur mise en œuvre rigoureuse. La lutte pour les droits des femmes et des filles est désormais un impératif collectif ; il est temps d’agir.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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