Réuni en Assemblée Générale Ordinaire ce 18 décembre 2025 à Douala, l’Ordre National des Médecins du Cameroun a dressé un bilan d’activités riche et résolument tourné vers l’avenir. Sous la houlette de son président, le Dr. Rodolphe Fonkoua, la rencontre a débuté par un hommage poignant : une minute de silence observée en mémoire des confrères disparus au cours de l’année, rappelant l’engagement humain inhérent à la profession.
Dans son discours-bilan, le Dr. Fonkoua a d’emblée rassuré l’assemblée quant à la mise en œuvre rigoureuse de la feuille de route établie l’année précédente. Parmi les réalisations phares, il a cité l’achèvement de la digitalisation des services de l’Ordre, une avancée cruciale pour moderniser la gestion et faciliter les démarches. L’adoption d’un manuel de procédures clair et précis a également été saluée comme un jalon important pour structurer le fonctionnement interne. Le dressage du tableau de l’Ordre et des différents collèges, ainsi que la finalisation du cadre juridique de la mutuelle des médecins, sont autant de marques d’une gouvernance renforcée. Enfin, la large diffusion des textes régissant l’exercice médical au Cameroun a permis une meilleure compréhension des droits et devoirs de chaque praticien.

Des Actions Stratégiques au-delà du Plan Initial
Au-delà des directives initiales, le Conseil de l’Ordre a initié plusieurs actions fortes, témoignant d’une volonté d’impulser des changements profonds. Des discussions fructueuses ont été engagées avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur (MINESUP) pour l’obtention de la reconnaissance de l’équivalence de plein droit des diplômes obtenus dans la zone CAMES, alignant ainsi le Cameroun sur les pratiques de ses pairs. Un autre point de dialogue avec le MINESUP vise à rattacher les universitaires à leur ville d’enseignement, favorisant une meilleure intégration et une plus grande stabilité.
Une mesure significative a été annoncée pour le secteur privé : la protection des médecins par la souscription obligatoire d’une police de responsabilité civile, exigible dès janvier prochain, conformément aux textes en vigueur. Ce dispositif vise à sécuriser la pratique professionnelle. Le programme de formation continue, piloté par les éminents professeurs TZEUTON et NJOM NLEND, a été activement poursuivi, garantissant l’actualisation des compétences des membres. L’Ordre s’est également distingué en menant avec succès des missions de conciliation auprès de certaines sociétés savantes en difficulté, renforçant la cohésion professionnelle. Un projet d’envergure est aussi en gestation : des pourparlers sont actuellement en cours avec un partenaire pour la construction du futur siège de l’Ordre à Douala.

Gouvernance, Diplomatie et Éthique
Sur le plan administratif, l’année a été marquée par la tenue de cinq sessions du Conseil de l’Ordre, dont une décentralisée à Bafoussam, soulignant une volonté de proximité. Ces sessions ont permis l’étude de près de six cents dossiers, dont 382 nouvelles inscriptions au tableau de l’Ordre, 41 demandes pour l’exercice en clientèle privée, 5 requêtes de changement d’aire géographique ou d’adresse professionnelle, et 4 dossiers relatifs à la médecine du travail. L’intensification des relations avec la tutelle, à travers de nombreuses sollicitations pour des séminaires, missions et éclairages, atteste de la reconnaissance du rôle consultatif de l’Ordre.
La diplomatie médicale camerounaise n’a pas été en reste. En janvier, l’Ordre a participé au sommet de la Conférence Francophone des Ordres Médicaux (CFOM) à Paris, où il a été élu conseiller au Comité Exécutif, renforçant son rayonnement international. Puis en février, à Ndjamena, lors de l’Assemblée Générale de l’Ordre National des Médecins du Tchad, les pairs d’Afrique Centrale ont confié à l’Ordre camerounais la tâche d’élaborer les statuts et le règlement intérieur de la future Fédération des Ordres Médicaux de la sous-région, une marque de confiance significative.
En matière disciplinaire, une session importante du Conseil tenue en août a abouti à l’application de sanctions envers certains confrères coupables d’actes répréhensibles, soulignant l’engagement de l’Ordre à préserver l’éthique professionnelle. Sur le volet social, le Conseil a constamment manifesté son soutien aux membres, que ce soit par une assistance juridique auprès des confrères victimes d’abus ou de méprise dans l’exercice de leur fonction, ou par une présence assidue lors des obsèques des confrères à jour de leurs cotisations, affirmant ainsi la solidarité corporative.

Un Double Défi pour l’Avenir de la Médecine Camerounaise
Malgré ce bilan élogieux, le Dr. Fonkoua a rappelé que l’objectif primordial demeure inchangé : restaurer la dignité du médecin et le repositionner au cœur de la cité. La thématique de l’Assemblée Générale, centrée sur cette ambition, met en lumière un double défi. Le premier consiste en la réappropriation de la profession par des actions concrètes, notamment l’exigence d’une formation de haute qualité pour les jeunes praticiens. Le second défi, tout aussi crucial, est la résorption urgente du chômage endémique parmi les jeunes médecins, afin d’enrayer de manière durable la fuite des cerveaux, ces talents si précieusement formés.
Cette Assemblée Générale marque donc une étape importante, confirmant la dynamique de modernisation et de renforcement de l’Ordre, tout en fixant un cap clair pour l’avenir de la médecine camerounaise. L’engagement du Dr. Fonkoua et de son équipe semble résolu à faire de 2026 une année de concrétisation pour ces aspirations fondamentales.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique
