Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a fait entendre sa voix suite à la décision controversée du président américain Donald Trump de restreindre l’entrée aux États-Unis des ressortissants de plusieurs pays jugés à risque, y compris le Tchad. Dans un récent décret, Trump a annoncé une interdiction de voyage qui entrera en vigueur le 9 juin, visant à protéger les États-Unis de potentiels « terroristes étrangers ». Cette mesure touche les ressortissants d’une liste de nations, parmi lesquelles figurent également l’Afghanistan, la Birmanie, la Libye, et le Yémen.
Dans une déclaration solennelle, le président Déby a clairement signifié la position de son pays face à cette décision jugée injuste et discriminatoire. « J’ai instruit le gouvernement à agir conformément aux principes de réciprocité et à suspendre l’octroi des visas aux citoyens des États-Unis », a-t-il déclaré. Cette position marque une volonté de défendre la dignité et la fierté du Tchad sur la scène internationale, malgré des limitations économiques et militaires. « Le Tchad n’a ni des avions à offrir, ni des milliards de dollars à donner, mais il a sa dignité et sa fierté », a-t-il précisé, soulignant l’importance des valeurs nationales par rapport à l’aide extérieure.

La décision de Trump, motivée par des préoccupations relatives au terrorisme et à la sécurité, a suscité des réactions mitigées au sein de la communauté internationale. Nombreux sont ceux qui considèrent ces restrictions comme un acte de stigmatisation à l’encontre de pays déjà fragilisés par la guerre, la pauvreté, et la violence. Les Tchadiens, qui ont longtemps été en première ligne dans la lutte contre le terrorisme, notamment face à Boko Haram, se sentent désormais victimes d’une généralisation injuste définie par des critères de sécurité qui ne tiennent pas compte de la complexité et de l’Amélioration des efforts déployés par leur pays.

Déby a également souligné que cette décision précipitée du président américain pourrait affecter non seulement les citoyens tchadiens, mais également des relations plus larges entre le Tchad et les États-Unis. En suspendant les visas, le gouvernement tchadien montre qu’il refuse de céder à un traitement que beaucoup perçoivent comme un déni de reconnaissance de l’engagement du Tchad dans les efforts de sécurité régionale.
Les conséquences de ce décret ne se limiteront pas à la simple restriction des voyages. Pour un pays comme le Tchad, qui cherche à renforcer ses partenariats internationaux et à attirer des investissements étrangers, cette décision pourrait exacerber l’isolement géopolitique et économique. Les représentants du pays font valoir qu’une telle approche ne sert ni la sécurité américaine ni celle du Tchad, mais nuit plutôt à une collaboration constructive.

Dans ce contexte, le président Déby appelle à une réévaluation des politiques américaines envers le continent africain, en promouvant un dialogue fondé sur le respect mutuel et la coopération. Ce moment pourrait ainsi servir de tremplin pour un renforcement des relations bilatérales, non pas à travers des paliers d’aide conditionnelle, mais par la reconnaissance des efforts déployés et des défis communs à surmonter.
À l’approche de l’entrée en vigueur de cette loi, les autorités tchadiennes continueront de surveiller les développements et participeront aux discussions visant à renforcer la sécurité sans compromettre la dignité nationale et l’estime de soi. Pour le Tchad, défendre sa dignité est une priorité, et cette résolution est une déclaration claire de leur position sur la scène internationale.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert Consultant International en Stratégie Marketing et Communication Politique Universelle

